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Cinq références à la pop culture que vous auriez pu rater dans Thimbleweed Park
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Sarah LeBoeuf
Cependant, Gary et Ron ont eu recours à plusieurs autres sources d'inspiration que les jeux d'aventure classiques. Cette enquête policière comprend de nombreuses références à la pop culture, particulièrement celle qui donne un peu dans l'épouvante. Certaines sont plus évidentes que d'autres et on vous pardonnera si vous ne les avez pas toutes repérées. Voici les cinq références culturelles les plus importantes de Thimbleweed Park et comment elles contribuent à créer l'ambiance si captivante du jeu.
La vérité est ailleurs
Thimbleweed Park commence avec l'arrivée d'un duo d'enquêteurs dans la ville éponyme, où ils doivent résoudre un meurtre. Bien qu'ils possèdent des noms similaires − Ray et Reyes − les deux agents fédéraux sont radicalement différents. Les cheveux roux vif de l'agent Ray collent parfaitement à son intense personnalité : elle vous dit clairement dès le début qu'elle est là pour résoudre l'affaire et qu'elle n'a pas de temps à perdre avec des théories du complot. Reyes, un grand brun, est quant à lui plus susceptible de croire à l'existence du surnaturel en raison de son passé tragique.

Ça vous rappelle quelque chose ? Ce sera sans doute le cas si vous étiez un fan des séries de la Fox dans les années 1990 et 2000. Reyes et Ray font clairement allusion aux personnages de Mulder et Scully dans X Files, deux agents fédéraux fictifs dont l'ouverture d'esprit et le scepticisme respectifs engendraient des réparties amusantes et une alchimie indéniable quand ils partaient enquêter l'inexplicable. Étant donné qu'ils sont présentés dès les premières minutes de Thimbleweed Park, l'arrivée de Mulder et... oh, pardon, de Reyes et Ray nous donne le ton avec juste une référence visuelle et quelques lignes de dialogue. À partir de là, nous comprenons que nous sommes partis pour un mystère étrange qui défiera les lois de la nature.
Ne le prévoyez pas, ne vous y attendez pas
X Files n'est pas la seule série culte qui a inspiré Thimbleweed Park. Le jeu regorge de références pas si subtiles que ça à la courte série Twin Peaks, qui suivait elle aussi l'enquête d'un agent fédéral à la suite d'un meurtre dans une (étrange) petite ville. Et d'ailleurs, en parlant de ces villes, Twin Peaks et Thimbleweed Park ont les mêmes initiales. Une coïncidence ? Probablement pas.
Les références à la série policière hallucinée de David Lynch ne se limitent pas au titre du jeu. En dehors de quelques lignes de dialogue qui évoquent la célèbre Femme à la Bûche et un certain amateur de tartes à la cerise et de monologues, les développeurs ont conçu les personnages jouables de l'aventure en gardant à l'esprit les caractéristiques de Twin Peaks. « Tout le monde est bizarre et vous vous demandez à qui vous pouvez faire confiance », expliquait Ron dans une interview de 2017. « Twin Peaks est très fort pour ça. »
Ne faites pas cette tête de thon
Dès le début, l'équipe en charge de Thimbleweed Park décrivait le jeu comme un successeur spirituel de Maniac Mansion, le jeu qui a consolidé la réputation de Ron et Gary en tant qu'experts des aventures point-and-click. Initialement publié en 1987, Maniac Mansion était un jeu en avance sur son temps avec sa galerie de personnages jouables (chacun disposant de compétences uniques) et ses fins multiples qui variaient en fonction des actions du joueur. Maniac Mansion regorgeait également de fausses pistes, comme une tronçonneuse perpétuellement à sec qui ne pouvait donc jamais être utilisée. Vous pouvez trouver une tronçonneuse similaire dans les premiers chapitres de Thimbleweed Park, mais cette fois elle porte un nom plus approprié : la Tronçonneuse de la Déception (Chainsaw of Disappointment). Et ce n'est que le début.
Plusieurs personnages de Maniac Mansion, notamment le docteur Fred et l'infirmière Edna, peuvent être aperçus parmi le public pendant le spectacle de Ransome le Clown. Le hamster de Ransome semble vivre dans son micro-ondes, une référence à l'une des plus vieilles polémiques de l'histoire du jeu vidéo. Mais peut-être que le plus terrifiant est de voir ce que sont devenus Dave et Sandy, dont la relation servait de moteur à l'histoire de Maniac Mansion. Les deux gosses sont toujours ensemble et ils gèrent même leur propre restaurant dans Thimbleweed Park, mais ils sont loin de représenter le modèle d'une entreprise florissante. Le restaurant est crasseux, aucun des deux ne semble particulièrement épanoui et Sandy passe son temps à insulter Dave de manière détournée. C'est comme ça qu'on nous remercie d'avoir sauvé sa petite amie d'une météorite voleuse de cerveau ?
En bas, nous flottons tous
Revenons-en rapidement à Ransome. Si on le compare à d'autres clowns, il n'a rien de particulièrement charmant : il est rempli d'amertume, bourru et plus vulgaire qu'un charretier souffrant de pyorrhée. Il attirait autrefois les foules au Stupendous Brothers Traveling Circus, mais ce temps est désormais bel et bien révolu. Au moment où Reyes et Ray découvrent leur premier cadavre dans Thimbleweed Park, Ransome habite dans une caravane sur le terrain abandonné du vieux cirque. En raison d'une ancienne malédiction, il doit garder son maquillage de clown… à tout jamais.

Un clown est déjà assez dérangeant comme ça, mais le ballon rouge que Ransome tient constamment à la main renforce encore plus la sensation de malaise. Il s'agit là d'une référence explicite à Grippe-Sou, le clown métamorphe, terrifiant et surnaturel du roman Ça de Stephen King (et ses diverses adaptations cinématographiques). Gary semble même avoir confirmé cette inspiration en décrivant Thimbleweed Park comme « le baroud d'honneur de Twin Peaks et X Files, avec une touche de True Detective et un soupçon de Stephen King. » Pas étonnant que Ransome devienne rapidement un suspect de l'enquête en cours.
J'ai bien peur de ne pas pouvoir vous laisser faire ça
Maintenant nous allons commencer à spoiler un peu, faites donc attention à la suite si vous n'avez pas encore joué au jeu. Vers la fin de Thimbleweed Park, Delores, la jeune développeuse de jeux vidéo, affronte une version numérique de son oncle Chuck. Chuck a téléchargé sa conscience dans un ordinateur afin de devenir un hybride humain/IA immortel et omniscient. Malheureusement pour lui, Delores découvre qu'elle peut mettre un terme à tout ça en retirant les tubes électroniques de l'ordinateur.
À mesure que Chuck s'éteint, il cesse de se moquer de Delores et commence à chanter « Daisy Bell », une chanson de 1892 parlant de deux amoureux sur un tandem. Les paroles confuses et pathétiques de Chuck indiquent qu'il est en train de disparaître et c'est ce qui arrive exactement à l'IA malveillante HAL 9000 dans le film de science-fiction culte 2001 : L'Odyssée de l'espace. Cette chanson est empreinte d'une certaine tristesse car tant HAL que Chuck se rendent compte que leur vie est sur le point de s'achever malgré leur apparente victoire sur la technologie et la mort. La scène est tragiquement ironique, étant donné que « Daisy Bell » a été la première chanson chantée par un ordinateur à Bell Laboratories en 1961.
Vous pouvez jouer à Thimbleweed Park dès maintenant sur l'Epic Games Store.