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Dead Take montre le côté sombre du show-business

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Francisco Dominguez
12 août 2025
Hollywood est une ville régie par la loi de la jungle. Chaque rôle laisse une traînée d'acteurs et actrices aux cœurs brisés, dont la lutte pour une chance de devenir célèbre n'aboutit qu'à de brefs appels douloureux de leurs agents. 

Abubakar Salim est un habitué des cruelles machinations et du désespoir d'un acteur en soif d'une percée dans le milieu. Avant de devenir un pilier pour la série House of the Dragon de HBO ou d'être reconnu pour son interprétation de Bayek dans Assassin's Creed Origins, il a commencé sa carrière dans le monde peu flatteur des bars et des productions de théâtre amateur.  

Son jeu d'horreur psychologique à la première personne, Dead Take (la suite de Tales of Kenzera: ZAU confectionnée par Surgent Studios) émerge des impulsions sombres et des tendances compétitives que lui et ses collègues ont ressenti alors qu'ils se demandaient ce qu'il faudrait pour entrer dans la cour des grands.
« Dead Take est l'histoire exhibant les limites que les artistes sont prêts à franchir pour une chance de réussir, indique Abubakar Salim. Vous vous retrouvez avec des individus extrêmement impitoyables et qui ne reculent devant rien pour obtenir ce qu'ils désirent. À quel point êtes-vous prêt à délaisser votre humanité ? »

Le protagoniste Chase Lowry rivalise pour décrocher le rôle principal dans The Last Voyage, la prochaine production du magnat du cinéma Duke Cain. Malheureusement, il se dispute ce rôle pouvant changer sa vie avec un ancien ami et désormais rival, Vinny Monroe (interprété par Ben Starr), un acteur déjà considéré comme le prochain élu. Une série de messages mystérieux de Vinny oblige Chase à rejoindre le manoir de Cain à Beverly Hills au beau milieu de la nuit, déterminé à découvrir ce qui se passe.

Ce qui s'ensuit est une exploration dégoûtante et troublante de la dynamique de pouvoir pervertie et déséquilibrée de Hollywood. Le somptueux manoir de Duke se révèle aussi grand et tordu que tout antre de Resident Evil avec des chambres secrètes, des portes verrouillées et des puzzles baroques. Celui-ci est également décoré d'un étrange assortiment d'objets de collection d'un cinéaste excentrique : costumes, accessoires et marchandises tirées des souvenirs de Salim lors de ses premiers pas sous les feux des projecteurs de Hollywood.

« Je me rappelle avoir vu un lion empaillé, se remémore-t-il. C'est bien étrange. Pourquoi avoir une telle chose dans sa maison ? » En dehors d'Hollywood, la richesse se fait discrète. À Hollywood, elle rime avec mauvais goût.
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En passant de la conception classique de Metroidvania de Tales of Kenzera: ZAU aux casse-tête d'escape room de Dead Take, les acquis d'Abubakar Salim en matière de cinématographie ont été une aubaine. La vue à la première personne et l'art de produire et d'illuminer un environnement riche qui s'y adapte reflètent les responsabilités d'un réalisateur et la perspective d'un acteur sur le plateau. 

« Les jeux ont de nombreux points communs avec le cinéma et la télévision en matière de scénographie, de mise en place, d'éclairage, tout cela, explique Abubakar Salim. Mais le joueur est la variable unique dans les jeux. Dans un film, vous avez le contrôle total de ce que voit le public, alors que dans les jeux, vous devez donner libre cours à quelqu'un. En tant qu'acteur, ce type d'immersion est particulièrement passionnant. Cela vous donne énormément de marge de manœuvre. »

Les jeux vidéo ne sont pas connus comme étant le médium des acteurs à cause du travail intensif nécessaire pour produire des animations réalistes. Dans le cinéma, les conversations sont bon marché et les explosions ont un coût faramineux. Dans les jeux vidéo, c'est tout l'inverse, à moins de trouver un moyen d'incorporer des prises de vue réelle, comme l'ont découvert Abubakar Salim et ses contemporains comme Sam Barlow et Remedy, tirant profit de la force émotionnelle des performances réelles.
Dead Take 2
La trahison a un impact fort dans une scène spécifique au départ, où Vinny prétend ne pas vous connaître lorsque son audition est écourtée par un appel inopportun de Chase, provoquant une explosion de colère de Duke Cain qui ferait rougir Tom Cruise. Ben Starr est surtout connu pour ses performances vocales rocailleuses et assurées de Verso dans Clair Obscur: Expedition 33 et Clive dans Final Fantasy XVI, mais la culpabilité nerveuse et la peur palpable qu'il montre en tant que Vinny à travers une seule scène présente ce qu'il peut offrir lorsqu'il ne se cache pas derrière un double à la chevelure longue produit avec la capture de mouvements.

« Pour de nombreux acteurs que nous voyons, nous ne les connaissons qu'à travers un visage animé ou la voix d'un personnage, dit Abubakar Salim. Je voulais montrer au public le véritable visage de ces acteurs : leurs émotions et la manière dont ils s'investissent corps et âme dans chaque rôle. » Avec de grands noms tels que Laura Bailey, Matt Mercer et Jane Perry complétant le casting, il dispose de grands talents à montrer.

Dead Take vous invite à incarner aussi bien le cinéaste que le spectateur, trouvant et recollant différentes séquences d'audition pour en créer de nouvelles et percer des secrets. Ce faisant, les joueurs découvrent l'art du montage, la base du cinéma où le passage à une nouvelle séquence transforme le sens. Abubakar Salim se rappelle une anecdote de Stanley Kubrick : mettez un bébé gazouillant après une séquence montrant un homme souriant, le résultat est adorablement réconfortant. Placez une séquence d'une femme portant un bikini sur une plage après le même homme souriant, celui-ci devient soudainement flippant ! 
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« C'était vraiment difficile à écrire, mais le processus était vraiment amusant », ajoute Abubakar Salim à propos des techniques utilisées pour exposer une histoire plus profonde à travers chaque séquence. « C'est quelque chose que nous avons voulu explorer et expérimenter dessus. Le contexte est révélé en mélangeant deux choses. »

Ce format adapté aux acteurs a produit des avantages insoupçonnés. Sortir du script donne d'habitude aux animateurs et artistes une fâcheuse liste de tâches, mais Abubakar Salim peut se permettre des improvisations de temps à autre et presque aucun moment hors script de ses acteurs n'a été retiré. En fait, l'improvisation était encouragée.

« Nous avons écrit en gardant ces acteurs spécifiques à l'esprit, car nous savions qu'ils seraient prêts à improviser si nous leur donnions carte blanche », dit Abubakar Salim, qui connaît bien ses deux acteurs principaux, Ben Starr était même son camarade à l'école d'art dramatique. « Et dans un tel jeu, à quoi bon les priver de cette liberté ? Surtout lorsqu'ils nous donnaient la chair de poule dans le studio. Si les acteurs sont assez généreux pour vous offrir de telles performances, vous les utilisez. Dead Take s'en est retrouvé plus riche et plus inquiétant. »

Considérant le sujet, il est un peu ironique que le récit de Dead Take exposant le côté obscur du show-business soit une collaboration d'acteurs. Ses acteurs insufflent vérité et honnêteté dans leur représentation d'une profession idolâtrée qui peut devenir intensément désagréable. 
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« L'ensemble sert à créer un sentiment d'anticipation et de crainte que l'on ne peut dissocier de la réalité d'un acteur à Hollywood, dit Abubakar Salim. Vous sentez que votre grand tournant ou votre plus grand échec vous attend à chaque recoin. C'est ce sentiment de marcher sur des œufs, rempli d'espoir, d'horreur et de dégoût qui alimente l'horreur dans Dead Take. Rien de surnaturel. Tout est bien réel. »

Dead Take est disponible sur l'Epic Games Store.