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Le DLC L'épreuve de Bahamut, le roi des dragons de Stranger of Paradise offre une réinterprétation hilarante de la mythologie de l'ère NES
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Lucas White
Lors du dénouement, l'anti-héros Jack Garland prend le trône et s'installe dans le Sanctuaire du Chaos avec ses amis, les « Étrangers », qui sont devenus les Quatre Démons de l'opus de 1987. Le monde de Cornélia est prisonnier d'un cycle sans fin imposé par une race cosmique de scientifiques fous, que Jack a pour ambition de briser. En canalisant sa rage et en embrassant le Chaos, Jack commence son chemin vers le côté obscur pour devenir le méchant de Final Fantasy. Ce faisant, il espère forcer la nature à se guérir elle-même en semant tellement la désolation que le monde produira un Guerrier de la Lumière assez puissant pour le vaincre, et ainsi restaurer l'équilibre. Et avec le contrôle du cycle désormais entre ses mains, Jack réinitialisera le compte à rebours autant de fois que nécessaire.
Juste avant le générique de fin, l'entrée du Sanctuaire du Chaos s'ouvre, et un groupe mené par le Guerrier de la Lumière emblématique du premier Final Fantasy entre pour défier le mal qui y réside. Ce moment semble renvoyer aux événements du Final Fantasy sur NES, où le groupe affronte et défait Garland dans les premières heures (préparant ainsi une confrontation épique avec le Chaos à la fin)... sauf que non. Au lieu de cela, Stranger of Paradise ne fait que préparer le terrain pour une blague à l'humour noir et ô combien piquant qui jouera avec les attentes du public.

Voici donc où commence le premier DLC du jeu : L'épreuve de Bahamut, le roi des dragons reprend immédiatement là où l'histoire principale de Stranger of Paradise s'est arrêtée, avec le Guerrier de la Lumière confrontant Garland pour restaurer la lumière et ramener l'équilibre dans un monde plongé dans l'obscurité ; vous connaissez la musique maintenant. Tout ce pour quoi Jack et ses amis se sont battus – combattre sans fin, perdre leur mémoire, revivre des tragédies et ne rien obtenir en retour – a conduit à ce moment. Le Guerrier de la Lumière est là pour faire triompher le bien en terrassant les Quatre Démons, Garland et le Chaos lui-même pour clore l'histoire.
Sauf que... non ! Jack Garland s'en débarrasse sans sourciller. L'intégralité du jeu, un Soulslike où vous passerez des heures et des heures à relever des défis et vous relever d'échecs, mène à ce moment. Et en fin de compte, vous dominez ce type en moins de trente secondes ; les gobelins du premier niveau sont plus coriaces que cette pâle copie du Guerrier de la Lumière. Clairement, ce DLC offre plus qu'un simple adversaire quelconque à affronter après la fin du jeu. Je n'en revenais pas : c'était un véritable coup de théâtre semblant remettre en question tout le jeu principal, son univers et son contexte historique, et brisant une légende de trente ans comme une brindille. Brillantissime.
La scène d'ouverture de L'épreuve de Bahamut, le roi des dragons est sombrement drôle, mais elle sert également un but plus grand en faisant le pont entre Stranger of Paradise et Final Fantasy. Et ce but est d'introduire un élément manquant de l'histoire originale qui était jusque-là étrangement absent : Bahamut.
Bahamut, le Roi Dragon éponyme du DLC, était un élément crucial dans le jeu original. Dans le classique de la NES, vous commencez par créer une équipe de Guerriers de la Lumière en leur donnant des noms et des classes dans ce style à l'ancienne inspiré de Wizardry. Mais leurs classes de base ne sont pas assez puissantes pour les mener à la victoire. Heureusement, après avoir conquis la Citadelle de l'Épreuve et trouvé la Queue de Rat, Bahamut accorde au groupe un nouveau pouvoir, faisant passer leurs classes au niveau supérieur. Le Guerrier devient Chevalier, le Voleur devient Ninja, le Moine devient Maître, et les Mages deviennent des Sorciers de leurs couleurs respectives. Ce renforcement en milieu de jeu donne à l'équipe assez d'élan pour franchir la ligne d'arrivée.

Dans Stranger of Paradise, Jack et les Quatre Démons rencontrent Bahamut en tant que voyageur interdimensionnel, à la recherche de combattants dignes de sa puissance divine. Au lieu de trouver des âmes perdues ayant besoin d'un guide, il trouve Jack Garland. Cet homme est tout sauf perdu. Jack est consumé par la colère et possède une volonté farouche de prendre les choses en main. Il est prêt à endosser le rôle du méchant, capable d'anéantir un monde entier pour ensuite appuyer sur le bouton de réinitialisation et répéter le processus encore et encore, pendant des milliers d'années, afin de contraindre la nature à reprendre ses droits.
Au début, Bahamut ne comprend pas. Les deux ont des échanges assez amusants où Jack finit par inverser la dynamique. Après avoir lui-même passé les Épreuves, Jack dit à Bahamut d'aller se faire voir, car ce monde n'a pas besoin de dieux. Confus mais intrigué, Bahamut finit par accepter d'aider Jack à créer des Guerriers de la Lumière assez forts pour le vaincre. Cette scène nous offre une perspective inédite et divertissante sur un moment emblématique du jeu NES. Le résultat est une promotion des classes à la fois triomphante et exaltante, fruit des efforts répétés d'un dieu perplexe qui essaie encore et encore de former des combattants suffisamment forts pour vaincre celui qui l'a forcé à lancer tout ce processus.
À la conclusion du DLC, l'histoire n'obtient pas cette résolution ferme que l'on pourrait attendre. Bahamut amène un Guerrier de la Lumière bien plus fort que le premier perdant qui est apparu, mais Jack gagne quand même. L'épreuve de Bahamut, le roi des dragons se termine sur un échec, mais non sans une touche (tordue) d'espoir. Jack remarque cette nette amélioration et se sent rassuré d'avoir confié à Bahamut la tâche de cultiver les circonstances de sa propre fin, qui libérera enfin Cornélia des caprices des dieux et des monstres. Et ce résultat est finalement visible dans Final Fantasy premier du nom. C'est un rebondissement captivant qui renforce la transition entre Stranger of Paradise: Final Fantasy Origin et le RPG classique de la NES, à travers lequel tout a commencé. Représenter le Guerrier de la Lumière sous un jour maladroit était la manière idéale de communiquer le twist débridé que Stranger of Paradise apporte à l'opus original, qui respirait la fantaisie classique.