
Wheel World est une lettre d'amour espiègle à la passion pour l'optimisation du matériel typique du monde du cyclisme.

Mark Essen aime faire du vélo le long de la plage. Et lors de ses balades, il arrive souvent qu'un autre cycliste le suive. Au bout d'un moment, il finit par se faire doubler à toute vitesse, comme un appel silencieux à la compétition. « Certains quinquagénaires prennent leurs vélos très au sérieux », explique-t-il. « C'est clairement un appel à faire la course. Un peu comme si on me demandait de me mesurer à eux, c'est une sorte de duel dont l'issue n'est pas vraiment importante. »
Ce phénomène a été suffisamment fréquent pour inspirer une mécanique dans son jeu de cyclisme en monde ouvert, Wheel World. Vous n'aurez qu'à rouler derrière un cycliste, tinter votre sonnette et vous voilà en plein duel improvisé ! « J'aimais beaucoup cette mécanique de croisement dans Burnout Paradise », affirme le fondateur du studio Messhof. « Mais au début du développement, je jouais également à Ghost of Tsushima, et les renards en jeu m'ont inspiré à intégrer la possibilité de suivre les PNJ pour découvrir des endroits surprenants. »
C'est cette approche qui définit Wheel World. Le jeu du studio Messhof allie aventure libératrice en monde ouvert et débordant d'endroits à explorer et charme comique de la culture réelle du cyclisme.
« Dans les courses professionnelles, comme le Tour de France, les cyclistes ne peuvent pas rouler avec n'importe quel type de vélo », indique Mark Essen. « Ces vélos doivent avoir un cadre diamant, et les cyclistes doivent porter leurs chaussettes à une certaine hauteur. Tout est lié aux performances, mais également à l'apparence et à l'image de marque. Et je pense que cela se répercute à tous les niveaux, même pour les personnes qui ne pratiquent pas le cyclisme en tant que sport. Au final, le cyclisme tourne énormément autour du matériel. Et sur de nombreux aspects, cela s'apparente au domaine de la mode. »
Dans Wheel World, presque tous les habitants se déplacent à vélo, formant des cliques qui tournent autour de leur amour pour les selles en carbone ou les pièces vintage. Tous sont convaincus d'avoir trouvé la vraie manière de pratiquer le cyclisme avec un maximum d'efficacité, de puissance ou de style. Et c'est à vous de leur prouver qu'ils ont tort.

« Dès qu'on commence à se mettre au cyclisme sérieusement, on finit par ne plus faire du vélo par plaisir », regrette Mark Essen. « Tout ce qu'on fait, c'est observer les statistiques, et cela mène à ruminer sur toute légère amélioration et chaque gain marginal. Alors on achète davantage de matériel, qu'il faudra justifier auprès de soi-même et de son entourage. Cela crée une culture vraiment étrange. »
En remportant des courses dans le village italien fictif de Tramonto et son paysage industriel adjacent, vous trouverez diverses pièces dont vous pourrez vous équiper pour déterminer les caractéristiques générales de votre vélo. « Chaque statistique joue sur de nombreux aspects du système de physique », précise Mark. « Mais nous voulions que ces éléments restent un peu flous. »
Vous pourriez choisir d'améliorer vos statistiques d'aéro ou d'adhérence pour privilégier, de manière respective, la vitesse ou la maniabilité dans les virages. Mais le studio Messhof ne permet pas aux joueurs et joueuses de consulter les valeurs brutes, empêchant volontairement la possibilité de création d'un vélo parfait.
« Nous souhaitions refléter un phénomène réel du monde du cyclisme, qui est le fait que tout le monde débat toujours des meilleures pièces à avoir », explique Mark Essen. Dans la vraie vie, les cyclistes comparent constamment les différentes pièces, comme les avantages relatifs d'un cadre souple en acier par rapport à la légèreté d'un cadre en titane ou à la rigidité et l'aérodynamisme des cadres en fibre de carbone. « Nous voulions alors semer la confusion dans l'esprit des gens, et les faire tourner en rond pour essayer de comprendre tout ça », ajoute-t-il. « Peut-être même les faire se retrouver piégés dans un cercle infernal d'optimisation, qui n'a pas vraiment de solution. Tout se base sur le ressenti, au final. »
Cette sensibilité sans règles réelles se reflète dans l'histoire de Wheel World. Le jeu avait d'abord été annoncé sous le nom de Ghost Bike, en hommage aux monuments commémoratifs placés sur les bords de route, là où des cyclistes ont été tués. Cependant, le ton du jeu s'est progressivement allégé au fil du développement. Mark Essen explique ce changement par son manque d'expérience avec les jeux narratifs.

« Au final, je me suis rendu compte que j'avais intégré beaucoup trop d'éléments narratifs, ce qui influençait trop le jeu », observe-t-il. « Le gameplay était secondaire, et on se demandait comment rendre tout ça un peu plus comme Uncharted, par exemple. Mais au final, ça ne marchait pas. » C'est seulement lorsqu'il a fait le choix de s'éloigner du côté narratif pour développer son monde ouvert dynamique que le studio s'est rendu compte que l'histoire était bien trop lourde et ne correspondait pas au reste du jeu. « Nous avons réalisé beaucoup de changements, mais cela me convient », affirme Mark. « Je pense que c'est une méthode de conception normale, quand on a une petite équipe. »
Au final, la trame narrative de Wheel World traite toujours du passage des âmes dans l'au-delà, mais le jeu s'intéresse davantage à l'esprit du cyclisme qu'à l'aspect de transformation spirituelle. « Nous avons rajouté du folklore absurde, il y a un mythe de la création, des divinités auxquelles les gens prient, mais ce ne sont pas vraiment des éléments importants. Il n'est pas nécessaire de découvrir tout ça. »
Si Wheel World aborde une religion, c'est celle de la passion fervente typique du monde du cyclisme, que le studio Messhof illustre avec tendresse et une touche d'espièglerie. « La liberté que procure le cyclisme peut s'obtenir avec n'importe quel vélo », affirme Mark Essen. « Mais les gens ont tendance à devenir obsessionnels. »
Pédalez vers l'aventure dès aujourd'hui avec Wheel World, disponible sur l'Epic Games Store.