
Bounty Star se trouve à l'étrange intersection entre batailles de mechas et agriculture

Quand vous pensez à des robots mécaniques qui se bastonnent et balancent des missiles sur les drones qui passent, est-ce que vous avez tendance à associer l'idée à une ferme ? C'est la question posée par Bounty Star, le premier jeu vidéo de l'équipe de développement DINOGOD, qui a travaillé auparavant sur des jeux de plateaux et qui porte aujourd'hui son attention sur la robotique post-post-apocalyptique.
Bounty Star est avant tout un jeu de mechas. Cela vous saute aux yeux dès le départ lorsque vous rentrez dans le vif du sujet avec votre énorme armure de métal, en vous frayant un chemin à la force de vos poings parmi les épaves de voitures, avant d'affronter des drones aériens et une foule d'autres mechas. Ce n'est qu'une fois de retour en toute sécurité dans votre base que votre personnage sort de son armure pour s'occuper de tâches plus terre-à-terre. Vous pourrez alors cultiver de la nourriture, préparer des repas, renforcer votre mecha et, si l'ennui vous gagne, tirer sur quelques bouteilles de verre avec votre pistolet. Cependant, vous devrez rapidement vous occuper d'un nouveau contrat aux manettes de votre mecha et aller détruire d'autres puissantes machines pour mériter votre salaire.

C'est un contraste intéressant, deux styles diamétralement opposés entremêlés dans un jeu cohérent. Je voulais comprendre comment ce concept avait vu le jour, j'ai donc discuté avec Ben Ruiz, le directeur de DINOGOD et le concepteur principal de Bounty Star, pour en apprendre plus.
« C'est en réalité un fantasme que j'ai depuis longtemps. J'ai grandi dans une ferme, dans un environnement désertique assez difficile, j'adorais les mechas [et] les jeux de simulation de ferme », m'a expliqué Ben Ruiz. « Ça faisait partie des quelques idées un peu farfelues qui avaient une chance d'aboutir et de devenir un jeu vraiment amusant. À l'inverse de l'idée d'un défilé de mode avec des mechas durant la Fashion Week de Mars. » (Gardez cette idée dans les cartons s'il vous plaît.)
Bounty Star se déroule dans un type d'univers qui gagne de plus en plus en popularité : le post-post-apocalyptique. La vie a réussi à reprendre son cours après un désastre qui a détruit le monde. « Si le post-apocalyptique montre les suites directes de l'événement qui a détruit le monde, explique Ben Ruiz, alors le post-post-apocalyptique se déroule dans un futur assez lointain, lorsque la vie reprend son cours. Les écosystèmes se régénèrent, les déchets sont enterrés, les gens reforment des communautés. » Et qu'est-ce qui rend ce cadre si attrayant à ses yeux ? « Selon moi, c'est la forme la plus romanesque (et belle) de cette idée », explique-t-il.
Bien évidemment, il est impossible d'avoir un jeu comportant un mecha sans pouvoir le personnaliser. Vous vous imaginez croiser quelqu'un portant la même armure robotique que vous ? La honte. J'ai demandé à Ben Ruiz comment Bounty Star s'occupe de cet aspect, étant donné qu'il ne s'agit pas d'un jeu centré sur une armée de soldats, mais plutôt d'une seule personne accompagnée de son armure. »

« Le joueur va avoir accès à une grande réserve d'équipements, dont des armes de mêlée, des armes à feu et des systèmes d'assistance à l'utilité variable », explique Ben Ruiz. Il existe des réparateurs, des boucliers et des systèmes permettant de s'élancer. Les joueurs ont également la possibilité de régler leur moteur. C'est probablement l'un des aspects les plus uniques du jeu, car, en plus de pouvoir ajouter des améliorations, vous pouvez également modifier les capacités de déplacement du mecha grâce aux repas que votre personnage mange avant de partir en mission.
L'idée est donc de créer un mecha qui s'adapte le plus à votre approche personnelle face aux défis proposés. « Si vous souhaitez avoir plus de points de vie, vous déplacer plus vite, infliger un peu plus de dégâts ou refroidir plus efficacement votre moteur, vous en avez la possibilité », détaille Ben Ruiz. « Étant donné qu'il y a divers ennemis possédant des attaques et des faiblesses variées, cela présente certains avantages. Vous pouvez aussi y aller en force avec l'équipement que vous préférez. »
Et en ce qui concerne le passage de batailles brutales à la construction sereine d'une base et d'une ferme ? C'est quelque chose qui semble difficile à mettre en place tout en évitant aux joueurs de ressentir une trop grosse rupture. « C'était plutôt facile heureusement, explique Ben Ruiz. La construction de base repose sur le rythme. On souffle un bon coup, on desserre les fesses et on se retrousse les manches. Comme dans la vraie vie, certaines corvées permettent de retrouver un équilibre sain de l'esprit. »

Cependant, Ruiz précise que les « hyperactifs » n'ont pas besoin de s'inquiéter de la vaisselle s'ils préfèrent détruire des robots : « Si vous souhaitez laisser les tâches ménagères de côté, c'est possible ! Mais vous perdrez en efficacité. Chez DINOGOD on aime nos joueurs violents, sans retenue et qui débordent de force brute. »
Quand on voit l'amour que les joueurs portent aux mechas, il est étonnant que des jeux populaires, tels que Titanfall 2 et MechWarrior 5: Mercenaries, ne courent pas plus les rues. Je me demandais si DINOGOD avait une idée qui expliquerait ce phénomène. Est-ce qu'il est compliqué de concevoir les déplacements et les combats de mechas ?
« Tant qu'on reste sur un jeu à la troisième personne, pas particulièrement, explique Ben Ruiz. Pour qu'un mecha ait l'air d'un mecha, tout dépend d'animations, d'effets visuels particuliers et de retours audio, d'un niveau précis d'impact dans l'action et la réaction. Mais il s'agit d'aspects qu'il faut de toute façon prendre en compte dans un jeu à la troisième personne. » Bounty Star est un jeu d'action à la troisième personne, omettant toute vue à la première personne. « Dans un jeu à la première personne, il s'agirait probablement d'un défi bien plus difficile à relever, ajoute Ben Ruiz, et je serais prêt à parier que c'est la raison pour laquelle on n'en voit pas plus souvent. »
À mesure de l'avancée du projet, leurs ambitions ne se sont plus limitées au simple combat et à la construction de base. « Nous n'avions à l'origine pas pour objectif d'inclure des doublages et de la synchronisation labiale », explique Ben Ruiz. Les « cinématiques animées plus développées » n'étaient pas non plus prévues. Cependant, alors qu'ils envisageaient ces idées, le projet commença à prendre vie. « Une fois que nous nous sommes engagés sur cette voie, nous avons commencé à prendre l'histoire bien plus au sérieux. On peut maintenant profiter d'incroyables acteurs de doublage qui donnent vie aux personnages. » Tout s'est donc passé comme sur des roulettes ? En quelque sorte. « C'était incroyablement difficile et coûteux, mais je ne regrette rien », explique-t-il. « Je suis très heureux de l'expérience narrative que l'on a pu construire et j'adore les acteurs avec qui on a eu l'occasion de travailler. »
Bounty Star est disponible sur l'Epic Games Store.